Portrait de la Méditerranée

À l’origine

Remontons le temps, il y a 4,6 milliards d’années, la terre était tout juste formée et impropre à la vie. Tout comme notre calendrier civil qui se divise en années, en mois, en semaines et en jours, le calendrier géologique se subdivise en Éons, en Ères, en Périodes et en Époques.

Photo de la carte géologique de la terre
Cliquez sur l’image pour voir le film d’animation de l’échelle des temps géologiques

Il y 300 millions d’années à la fin du carbonifère il existait un supercontinent appelé la Pangée qui réunissait la plaque africaine, la plaque euro-asiatique et les plaques américaines. Le grand espace océanique qui entourait la Pangée formait un ensemble unique appelé la Panthalassa.

A l’échelle géologique, des mouvements tectoniques sont apparus il y a 220 millions d’années et progressivement, des blocs se sont séparés avec l’apparition de fossés d’effondrements, appelé aussi rift ou encore graben, qui donnèrent naissance à deux continents, d’un côté au nord la Laurasia comprenant l’Amérique du Nord et l’Eurasie et au sud au Gondwana qui commencèrent à se fracturer au Jurassique. Il s’en suivit la formation d’un bras d’océan entre les deux blocs nommé la mer Paléo-Thétys, bras très allongé d’Est en Ouest et qui communique largement avec l’océan mondial, la Panthalassa.

Au Crétacé deux nouvelles ouvertures océaniques se formèrent pour donner naissance à ce qui sera plus tard l’Atlantique et l’océan Indien. Ces ouvertures vont continuer à s’élargir jusqu’à l’époque contemporaine. L’Atlantique fut longtemps un golfe fermé mais à l’époque Éocène il va progresser vers le nord et s’ouvrir dans l’Arctique. Dans la même période, l’Inde vient se placer dans le Bloc asiatique. À la fin de l’Éocène ces ouvertures vont provoquer la rupture des deux immenses continents, la Laurasie et le Gondwana et créer les continents actuels.

Cette fragmentation va diviser l’immense Téthys en plusieurs bassins indépendants d’Ouest en Est. Le système Caraïbe, le centre Atlantique qui restera un océan, l’Eurafrique d’où naîtra le système méditerranéen, l’indien occidental qui restera océan, l’indien central d’où naîtra le système himalayen et l’indien oriental formé du système indonésien.

Entre -35 et -5 millions d’années, avec le mouvement des plaques africaine et européenne, la fermeture de la Thétys va donner naissance à l’ébauche de la Méditerranée actuelle. Celle-ci va se dessiner à partir de la fin de l’époque du Miocène et du début du Pliocène.

Photo carte de la mer Méditerranée
Bassin Méditerranéen

De fortes dépressions que l’on nomme « Messiniennes » occupent l’espace de la future Méditerranée où règne un climat aride et où s’accumulent d’importantes quantités de sel en raison de l’assèchement et de l’évaporation de l’eau dû à la fermeture de Gibraltar. Ce phénomène va laisser de vastes quantités de sel sur plusieurs kilomètres d’épaisseurs. Au début du Pliocène un effondrement tectonique au niveau de l’arc de Gibraltar va permettre aux eaux de l’Atlantique de passer à nouveau. Cette arrivée massive d’eau remplira le bassin Méditerranéen. Nous nous garderons bien raisonnablement d’indiquer une durée pour ce remplissage car les théories des scientifiques divergent, les uns parlent de quelques mois, les autres de plusieurs dizaines de milliers d’années. Dès lors la Méditerranée aura pris sa configuration actuelle.

Le film d’animation ci-dessous retrace l’évolution de la terre à partir de la période du Pré-cambrien, moment où les terres émergées ont finies de se constituer (600 millions d’années) du Gondwana à la Pangée et de la Pangée à nos jours avec la naissance de la mer Méditerranée.

Aujourd’hui, avec le mouvement des plaques qui se chevauchent épisodiquement et provoquent des éruptions volcaniques, les plaques africaine et européenne se rapprochent de quelques centimètres par an avec un glissement de l’Afrique vers l’est. Sur cette base, ces deux plaques devraient se rejoindre d’ici à 5 millions d’années provoquant la disparition de la mer Méditerranée.

Reliefs et profondeurs de la Méditerranée

Notons d’abord que la Méditerranée est une mer continentale dont l’évaporation est supérieure aux précipitations et aux apports fluviaux, cette différence est compensée par l’entrée des eaux de l’océan Atlantique par le détroit de Gibraltar.

La superficie totale de la mer Méditerranée est d’environ 2,5 millions km2, elle est située à la croisée de 3 continents (Europe, Afrique et Asie) et se divise en deux bassins, occidental et oriental séparés par un haut fond entre la Sicile et la Tunisie. Chaque bassin est divisé en mers et en golfes, son volume total des eaux est estimé à 3,7 km3. Sa surface représente 5 fois la superficie de la France. La mer Méditerranée est une mer assez profonde avec une moyenne de 1450 à 1650 mètres et une profondeur maximale de 5121 mètres au sud du Péloponnèse. Des profondeurs de 1000 mètres sont parfois atteintes très vite, notamment entre l’Italie et la Sardaigne avec des profondeurs de 3700 mètres ou encore au sud de la Grèce avec des fosses qui dépassent les 4000 mètres.

Photo d'un relief rocheux sous-marin avec une pastenague
Fonds sous-marins rocheux Méditerranéen

L’étude du relief sous-marin montre qu’en partant du rivage, la pente des fonds est souvent de faible amplitude, elle constitue une plate-forme immergée peu profonde que l’on appel plateau continental. Ce plateau d’une profondeur maximum de -200 mètres est propice à l’exploitation de la ressource ; mais en regardant la carte des mers, on s’aperçoit qu’en Méditerranée ainsi que dans le golfe de Gascogne, la pêche y est plus réduite que dans le nord (Manche, mer du Nord, mer Celtique…) car le plateau continental y est plus étendu et donc plus favorable à la pêche.

Schema des fonds marins de Méditerranée
Schéma des fonds marins Méditerranéens

Le plateau continental est dans certains secteurs entaillé par des canyons. Ces profondes gorges d’une centaine de mètres de profondeur à partir du plateau continental peuvent s’enfoncer jusqu’à 2000 mètres. En dessous de 200 mètres la pente augmente fortement pour former le talus continental qui descend jusqu’à 2000 ou 2500 mètres ; à cette profondeur, la pente redevient faible et forme une plaine profonde que l’on nomme abyssale. Notons que dans certains endroits, la plaine abyssale est très proches des côtes, notamment dans le sud le long des rivages algériens, le long du littoral provençal et de la Côte d’Azur ou le long de la Corse, de la Sicile et de Malte.

La Méditerranée occidentale est un bassin d’effondrement, elle est constituée de massifs et d’îles de roches anciennes (Maures, Estérel, Corse Sardaigne). Ce bassin occidental se subdivise en deux bassins, l’un à l’ouest, de l’Algérie à la Provence, l’autre à l’est avec la mer tyrrhénienne. Le bassin ouest comporte une plaine abyssale assez plate qui atteint 2850 mètres de profondeur. Le bassin de la mer tyrrhénienne présente de nombreuses structures en cônes ou en pitons bordant des fosses aux parois abruptes avec une profondeur maximale de 3610 mètres. Précisons que c’est une partie volcanique en activité avec l’Etna, le Stromboli et le Vésuve (Italie) qui présente des foyers sismique d’une profondeur pouvant aller jusqu’à 600 mètres.

Massif des Maures (France-Var)

La Méditerranée orientale est différente et complexe. Victime de divers effondrements, elle se ramifie au Nord vers la mer Adriatique, entre les côtes d’Italie et de l’Albanie Dalmatie mais aussi au Nord-est vers la mer Noire et vers la mer Egée ou émergent de nombreux sommets, des anciennes chaînes englouties formant les archipels des Cyclades, des Sporades… Par contre l’Afrique du Nord, la Palestine, la Syrie, l’Asie Mineure du Sud, la Crète, la Grèce et la Sicile se distinguent par leurs particularités. Notons le relief remarquable sous-marin en forme d’arc au sud de l’Italie jusqu’à la Turquie bordé par un système de fosses cloisonnées qui s’étend sur plus de 1500 km2 de longueur et atteint une profondeur de 5120 mètres dans la fosse de Matapan.

Les îles

L’un des aspects de la mer Méditerranée est qu’elle possède de nombreuses îles, pour certaines très célèbres. Elles furent longtemps fréquentées par des aventuriers ou de nombreux fugitifs qui échappaient aux envahisseurs des continents. Les îles sont aussi le berceau de certaines civilisations et aujourd’hui c’est souvent un haut lieu touristique. C’est aussi un lieux d’observation de la faune et de la flore avec des espèces endémiques comme à l’île de Port-Cros. Elles se distinguent par leurs grandes diversités, paysage, climat, réseau hydrographique. Parmi elles on peut citer les plus grandes : la Sicile, la Sardaigne, Chypre, la Corse, la Crète, les îles Baléares, Eubée, Rhodes, Malte. Pour les îles plus petites, la France n’est pas en reste puisqu’il faut citer les îles de Marseille avec le Château d’If, l’Archipel du Riou, l’île verte dans le Var, l’île de Bendor, l’île des Embiez, les îles d’Or à Hyères et dans les Alpes Maritimes, les îles de Lérins.

Photo de l'île de Port-Cros en France
Île de Port-Cros – Parc national (France-Var)

En Italie, on ne trouve pas moins de 13 îles dont certaines célèbres comme Gorgona, Elbe, le Stromboli ou les îles de Pantelleria.
Sur la côte dalmate, elles sont très nombreuses et se découvrent le long du littoral adriatique. Parmi elles, les îles Brijuni, les îles Karnati, l’île Bisevo ou encore l’île de Mljet.
En Grèce, elles sont répertoriées au nombre de 6 dont l’île de Corfou ou Kerkyra, l’île de Céphalonie ou Kefallina, l’île Zakynthos ou encore l’île de Cythère ou Kithira.
Au Liban à 6 milles au large, les îles Ramkine, Palmier et Senani forment l’Archipel Ramkine.
La Tunisie abrite deux petites îles Zembra et Zembretta au large du golfe de Tunis, elles font partie intégrante d’une réserve naturelle ; les peuplements benthiques y sont fleurissants et les populations de poissons abondantes.

La mer Méditerranée a t-elle des marées ?

On pourrait penser que cette mer presque fermée n’a pas de marées et bien c’est faux. La marée est due à l’attraction de la lune sur les océans et la mer Méditerranée n’y échappe pas, elle a donc de petites marées bien visibles. Bien entendu, ce ne sont pas les grandes marées de l’Atlantique ou de la Manche mais les enregistrements des marégraphes montre l’amplitude de la marée, elle varie selon les endroits, de 17 cm à Monaco, 20 cm en Crète, 30 cm sur la côte ouest de l’Italie, 40 cm à Port-Saïd, 45 cm à Salonique, 50 cm en Algérie, 60 cm en Tunisie, 70 cm à Smyrte, 90 cm à Chalcis, 140 cm à Sfax, 200 cm dans le golfe de Gabès ou encore 250 cm à Tanger et 6 à 7 mètres dans le détroit de l’Eurique entre la Grèce et l’île d’Eubée.

Photo de la plage de l'Argentière à La Londe les Maures
Plage Méditerranéenne de La Londe les Maures (France-Var)

L’origine des espèces marines

La forme actuelle de La Méditerranée remonte à 5 millions d’années, les premiers organismes marins arrivèrent lorsqu’elle fut reliée par Gibraltar à l’Atlantique et bien plus tard au 20è siècle par le canal de Suez à la Mer Rouge. Le peuplement marin de la Méditerranée est donc un mélange d’espèces d’origines différentes. Cependant la Méditerranée renferme également des espèces de faunes et de flores endémiques. Plusieurs hypothèses scientifiques ont été faites pour expliquer le phénomène mais aucune certitude n’a été établie.

Les uns avance l’hypothèse que ces espèces aurait été favorisée par les conditions de vie en vase clos de cette mer semi-fermée et d’une courte période d’isolement total. Les autres disent que ces espèces auraient pu s’être maintenues exclusivement en Méditerranée et avoir disparues des autres régions du globe dû au changements des conditions de vie.

Photo d'un mérou brun en gros plan
Mérou brun de Méditerranée (Epinephelus marginatus)

Depuis 1869 avec l’ouverture du Canal de Suez reliant la mer Méditerranée à la mer Rouge, les espèces marines côté oriental voyagent elles aussi et certaines migrent d’un côté comme de l’autre posant un certain nombre de problèmes. En effet, le transport maritime est un vecteur de circulation important pour les espèces marines et les conséquences pour la faune et la flore Méditerranéenne peuvent être dangereuse pour l’équilibre et la survie de certaines espèces. Par exemple en Turquie, la pullulation des poissons lapins arrivés par le canal de Suez, a entraîné un surpâturage des fonds, le paysage est devenu monotone et les fonds rocheux totalement dépourvus d’algues. La méduse nomade (Rhopilema nomadica), entrée également en Méditerranée orientale dans les années 1970 par le canal de Suez peut causer de douloureuses brûlures. Le mollusque Drap-d’Or (Conus textile) entré par la même route est un coquillage venimeux, son poison est extrêmement puissant, il peut tuer un homme en cinq minutes et il n’existe aucun antidote efficace.

Les Aires marines protégées abritent des super-prédateurs

Aujourd’hui 925 espèces non-indigènes ont été observées en mer Méditerranée, elles ont migré. Ces voyageuses n’ont pas ou peu de prédateurs sur leur nouveau lieu d’habitat car elles ne vivent plus dans leur lieu d’origine. Leur expansion menace la régulation des écosystèmes. La solution est la création de zones marines protégées. En effet, l’observation de ces lieux préservés montre la présence d’un grand nombres d’espèces, d’algues, d’invertébrés ou de poissons ainsi que des super-prédateurs comme le mérou brun (Epinephelus marginatus), le denti (Dentex dentex) ou le barracuda (Sphyraena viridensis) qui ont un rôle de régulation sur les espèces inférieures dans la chaîne alimentaire. Ce rôle de régulation pourrait également s’appliquer aux espèces non-indigènes voulant s’installer dans ces zones. Les aires marines protégées abritent également d’autres espèces qui ont aussi un rôle de régulateur comme de nombreux parasites qui offrent à leur hôte un bon nettoyage et qui pourraient venir parasiter les espèces non-indigènes. En multipliant ces zones, cela aurait pour première conséquence de limiter et de réguler l’expansion des espèces non-indigènes et de renforcer la biodiversité.

Les premières civilisations

Les premiers foyers de civilisation Méditerranéens sont apparus dans la mer Égée sur les nombreuses îles bordée par la Crète, le Péloponnèse et l’Anatolie. Les Grecs appelaient les premiers habitants de l’Égéide Pélasges.

Dessin des premières civilisations de Pelasges
Les Pelasges

A l’âge de bronze (de 3000 jusqu’à 1100 avant JC), des cultures très évoluées réussirent à s’imposer en premier sur les Cyclades (îles Égéennes) puis en Crète et enfin en Grèce continental (Péloponnèse et Attique). Bien que les peuples Égéens survécurent, cette civilisation disparut aussi mystérieusement qu’elle était apparue.

A noter que la Crète abritait déjà une civilisation néolithique florissante, le site de Cnossos est daté d’environ 6300 avant JC. Dès cette époque apparaît le commerce de l’obsidienne, cette précieuse pierre ne se trouve que dans les îles de Mélos et de Théra et dès le 3è millénaire, les crétois l’importent en assez grande quantité pour la revendre aux peuples voisins.

Aux environs du 3è millénaire, une vague d’envahisseurs apparaît dans toute la mer Égée venue d’Asie Mineure, s’en suit la civilisation du métal, de l’or et de l’argent pour les bijoux, du cuivre pour les armes et les outils. Elle établit dans les îles et la Troade une véritable unité de culture et peut-être de langue.

En Crète, ils semblent fusionner sans violence avec les premiers habitants. Leur goût pour la beauté se manifeste dans les pièces d’habitations, les poignards triangulaires, le cuivre ou l’argent que les hommes portent. L’artisanat du métal se développe dans les communautés. À la même époque apparaît la culture de la vigne et des oliviers. Au départ, tous ces produits s’échangent par le troc mais peu à peu un véritable commerce s’accroît. L’évolution sociale fait apparaître les villes commerçantes de l’Est (Zacro et Palaicastro) et cette culture va s’étendre dans le monde Égéen.

Photo d'un poignard de bronze au 3è millénaire
Poignard de bronze

On distingue dès lors deux parties de la Méditerranée, la Méditerranée orientale et la Méditerranée occidentale.

Côté oriental, des fouilles récentes ont montré l’influence prépondérante de l’Asie sur les civilisations méditerranéennes. La céramique peinte d’origine iranienne gagne la Troade et les îles ainsi que la Syrie et l’Égypte. C’est de là également que le métal se répand dans toute l’Égéide.

Les peuples côtiers ont vu passer des flots de populations en mouvement et ont été pendant bien des siècles une zone de contacts féconds entre l’Orient et l’Occident. Leurs habitants, excellents marins, pêcheurs, marchands ou même pirates ont joué un rôle très important dans les relations entre les caravanes venant de l’intérieur de l’Asie et les îles ainsi que les autres rivages de la Méditerranée.

Côté occidental, même si la navigation n’avait pas les mêmes facilités que dans la mer Égée, les civilisations originales y brillèrent surtout dans l’architecture et le métal et communiquèrent entre-elles mais très peu avec les peuples égéens et orientaux jusqu’au Ier millénaire où elles entrèrent dans le grand mouvement méditerranéen.

La chute irrémédiable de la civilisation mycénienne va ouvrir une période dite des siècles obscurs (environ -1200 à -700). Cette époque mal connue fut une période de déclin culturel car il n’y a aucune trace de lieux de cultes, de tombes, de sites palatiaux et l’écriture semble disparaître. Aujourd’hui l’histoire privilégie la thèse de la mutation sociale plutôt que celle du déclin avec d’autres types de civilisations laissant moins de traces. Par contre Athènes garde sa continuité à cette époque.

L’époque Archaïque s’ouvre (environ -800 à -500), l’alphabet phénicien est adopté puis transformé en alphabet grec. Les jeux olympiques sont fondés au début de cette période. C’est aussi le temps de la colonisation, les Grecs vont se positionner sur tout le pourtour Méditerranéen et avec eux leurs gymnètes et leurs hoplites. C’est aussi durant cette période que Homère créa l’Iliade et l’Odyssée, deux œuvres littéraires qui sont sensées se dérouler avant l’époque des siècles obscurs.

Dessin d'un hoplite et d'un gymnète

L’époque Classique (environ de -500 à -323) est l’âge d’or de la Grèce antique. C’est aussi la victoire des Grecs sur les Perses qui vont être repoussés d’Anatolie avec la bataille de Salamine. Les grands temples sont construits comme le panthéon de l’Acropole à Athènes ou le temple de la Vallée des temples en Sicile. Il y aura également beaucoup de guerres entre Athènes et Spartes. Vers -330, le royaume de Macédoine, un royaume grec parmi d’autres va soumettre les différentes cités grecques et former un grand empire avec Alexandre le Grand qui va conquérir le territoire des Perses, l’Inde et l’Égypte. Un de ses généraux, Ptolémée, fondera la dynastie des Ptolémées qui règnera sur l’Égypte jusqu’en -30. La dynastie se termine avec Cléopâtre.

Le début de l’époque Hellénistique (environ -323 à -146) est marqué par la mort d’Alexandre le Grand en -323, l’empire est partagé en plusieurs royaumes. Dès lors, les romains vont récupérer petit à petit toute l’influence sur la Méditerranée. En -146, les romains prennent Corinthe, zone stratégique ; en -330, ils prennent l’Égypte dernier territoire gouverné par des grecs.

L’Égypte antique a pris fin en -30 avec l’assassinat du fils de Cléopâtre Ptolémée XV Césarion, dernier héritier légitime du trône. Désormais, l’Égypte ne sera plus qu’une province du nouvel empire romain. la Grèce antique s’est terminée avec la mort d’Alexandre le Grand. Rome va régner en maître sur la Méditerranée. La culture Grecque sous domination romaine va continuer à influencer le monde Méditerranéen. C’est ainsi que les romains qui ont conquis toute la Méditerranée lui ont donné le nom de « Mare Nostrum » qui signifie “Notre Mer”.

Les peuples antique de la Méditerranée

Nous connaissons une partie des peuples antiques du pourtour méditerranéen, mais certains sont mal connus. Voici un petit tour d’horizon des peuples anciens de Méditerranée en commençant dans les premiers siècles du 2e millénaire av. notre ère.

Dessin de musiciens Etrusques
Musiciens du peuple Étrusque
  • Les Ibères occupaient la péninsule ibérique, mais aussi le sud-ouest de la France actuelle. Le nom d’Ibères est celui qui nous a été transmis par les Grecs. Ils comprenaient de nombreuses tribus et ils sont les premiers habitants de la péninsule, descendants des peuples de la préhistoire.
  • Les Ligures occupaient pour leur part le sud-est de la France et une partie du nord de l’Italie, mais aussi la Corse et la Sardaigne, peut-être même la Sicile. Dans le sud-ouest de la France actuelle, ils se mêlent aux Ibères avec lesquels ils étaient peut-être apparentés.
  • Les Étrusques font partie des peuples antiques connus de tous. Ils vivaient au nord de l’actuelle Italie et développeront une civilisation brillante dont les Romains recueilleront largement l’héritage.
  • Les Illyriens occupaient une grande partie de l’ouest des Balkans. Il s’agit plus d’une unité linguistique que d’une véritable ethnie. Ils sont apparentés aux Thraces et aux Daces, peuples voisins.
  • Les Thraces seraient présents au nord des Balkans dès le Néolithique ; c’est un ensemble de tribus aux territoires très étendus, sans doute venus d’Asie Centrale, ils sont encore mal connus et ont des parentés étroites avec les Daces et les Phrygiens.
  • Les peuples italiques apparaissent en Italie et sont de langues et d’origines diverses. Les plus connus sont bien entendu les Latins, mais on trouve également les Sabins, les Osques, les Lucaniens, les Samnites, les Sicules, les Vénètes et de nombreux autres encore.
  • Les Grecs développèrent l’une des grandes civilisations de la Méditerranée et s’y répandirent largement par la suite.  Les Grecs d’alors sont les fameux Achéens dont nous parle Homère, les Mycéniens pour l’histoire et l’archéologie. Ils auraient chassé les premiers habitants que la tradition appelle les Pélasges.
  • Les Minoens, aussi appelés couramment Crétois font partie des peuples fascinants de cette période de par leur culture et les vestiges qu’ils nous ont légués.
  • Les Louwites sont beaucoup moins connus. Ils ont précédé leurs voisins Hittites avec lesquels ils ont d’étroites parentés, en particulier linguistiques en Asie Mineure dont ils habitaient l’ouest et le sud.
  • Les Hittites arrivés par vagues successives s’installèrent dans la partie orientale de l’Asie Mineure, remplaçant semble-t-il la population d’origine, les Hatti. La civilisation hittite sera l’une des plus brillantes de la région.
  • Les Amorites font partie des peuples dont on connaît mal les origines. Ils semblent avoir d’abord été des nomades, se sont répandus en Mésopotamie puis ont gagné vers l’ouest les rives de la Méditerranée en occupant la Syrie et la Palestine. Dans le nord de la Syrie, ils voisinent avec les Hourrites.
  • Les Égyptiens appartiennent aux peuples bordant la Méditerranée. C’est l’une des grandes civilisation de cette époque qui rayonne largement sur toutes les cultures voisines, elle étend également sa domination sur une partie du Proche-Orient.
  • Enfin, les peuples Berbères de l’ensemble du littoral de l’Afrique du Nord, entre l’Égypte et l’Atlantique. Le nom de « berbère » vient du mot barbarrus, les Grecs puis les Romains désignaient par ce nom tous les peuples dont ils ne comprenaient pas la langue, qui ignoraient les coutumes et la civilisation gréco-romaine et qui dans leurs préjugés s’exprimaient par onomatopées. Par la suite, les Romains ont gardé l’usage du mot Berbère pour désigner les peuples d’Afrique du Nord qui ne sont jamais soumis totalement.
Dessin de la civilisation Thrace
Civilisation Thraces

Le bassin méditerranéen a été le berceau de nombreuses civilisations. Chaque époque vit au rythme de ses besoins, de ses découvertes et de ses techniques. La mer Méditerranée est un symbole de créativité, elle a su mêler les différences de ses trois continents avec le partage et le commerce, principalement maritime. Les Méditerranéens, des peuples amoureux de leur territoire, bassin propice au développement culturel dans des domaines aussi divers que la philosophie, l’art, la musique, la littérature ou les sciences. De l’est à l’ouest, du nord au sud, de la Mésopotamie à l’Égypte, de Troie, en Anatolie, à la Macédoine, de Carthage à Rome, de Bagdad à la péninsule Ibérique, de Byzance à l’Empire ottoman et d’Alexandrie à Bologne, tous ces peuples ont donné une base solide aux civilisations du monde Méditerranéen.

Photo d'une mosaïque byzantine Saint Marc 6e siècle
Mosaïque byzantine de l’évangéliste saint Marc datant du VIe siècle

Les couleurs de la Méditerranée

Enfin, il n’est pas possible de terminer ce portrait Méditerranéen sans parler des couleurs et de la lumière. Les particularités chromatiques propres à chaque pays selon sa position géographique, son histoire, son architecture et sa culture, une merveilleuse invitation à partir à la découverte de ces villes et villages d’exception. Tous ces peuples ont en commun la lumière du soleil, le bleu profond du ciel et de la mer. Malgré leurs différences, Ils ont su troquer puis commercer entre eux leurs marchandises. Les couleurs contrastent, le vert des massifs des collines, l’or du sable des plages, l’ocre de la terre et le travail de ses artisans. Le bassin couvre une grande variété de cultures et de cuisines aussi diverses selon les régions mais tous ont des plats et des produits en commun, les ragouts de viande, l’agneau, le mouton accompagné des légumes vert de la courgette, rouge de la tomate, jaune des poivrons, blanc de l’ail, les épices, le vin sans oublier l’huile d’olive .

Photo d'un olivier
Olivier

Justement, l’Olivier est le symbole de la Méditerranée, ils sont indissociablement liés. Très reconnaissable avec ses troncs imposants et mystérieux, il en pousse de toutes les tailles et de toutes les formes. On le trouve partout, dans la culture, dans l’histoire, dans les religions, dans l’agriculture, dans les paysages, dans la cuisine, la santé, l’esthétisme, oriental ou occidental, la Méditerranée est la terre de l’olivier.

  • Sources :
  • Aux Origines de l’humanité sous la direction de Yves Coppens et Pascal Picq chez Fayard
  • Collection Les Origines de l’Homme – Éditions Time Life
  • Guide des fonds marins de Méditerranée – Éditions Delachaux et niestlé
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