Un film pour sauver les épaves

Le projet :

Dans le cadre de ses missions d’information, ÉLEAU va réaliser un film de sensibilisation à la protection des épaves en collaboration avec un scientifique qui est l’initiateur d’une étude en cours, unique en Europe, pour sauver les épaves en arrêtant la corrosion.

Contexte du projet

Il y a plusieurs millions d’épaves englouties dans les mers et les océans du globe. Parmi-elles, beaucoup d’épaves de guerre gardent dans leurs ventres les vestiges de la folie humaine. Pour beaucoup, tout est y encore  : avions, chars, canons, munitions, voitures, vaisselles, ossements etc. Sur ces carcasses se sont développés des microcosmes de vie qui ont transformés ces épaves monochromes en habitats multicolores. Certains sites sont devenus des sanctuaires que seuls les plongeurs peuvent visiter. Si ces épaves sont d’abord des cimetières, aujourd’hui elles sont devenues des lieux de vie pour la faune et la flore. Néanmoins les épaves sont en grand danger, notamment pour les épaves de guerre qui en représentent un grand nombre, elles risquent de s’effondrer à cause de la corrosion, tuant la vie qui les recouvre et libérant le pétrole qui stagne dans les cuves depuis 75 ans. Certaines d’ailleurs ont déjà commencées à fuir, comme à Chuuk en Micronésie. Des catastrophes écologiques prévues sont à venir si nous ne faisons rien pour protéger nos épaves.

Photo de l'épave Le Grec avec la vie marine
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Épave pleine de vie Le Grec

Naissance d’une épave ?

Précisons d’abord que les principales causes des naufrages sont les actes de guerre, les erreurs humaines ou les conditions météorologiques.  L’épave naît dès le moment où la structure disparaît de la surface de la mer pour s’enfoncer jusqu’à trouver le fond sablo-vaseux qui va la stopper et l’immobiliser. Dans le vacarme de la mort surgit souvent une autre vie. Désormais immobile, silencieuse pour l’éternité, elle représente une opportunité pour un environnement qui était peut-être jusqu’à présent uniforme et morne, un substrat dur inattendu, un mastodonte métallique avec des abris. Dès lors petit à petit, l’armature de l’épave va créer des échanges avec le milieu marin. C’est d’abord le site du naufrage qui va définir son environnement, la nature du fond, la profondeur, la proximité d’un récif aura également une importance sur la colonisation de l’épave qui va commencer très rapidement. Des particules organiques et des communautés de micro-organismes vont d’abord s’installer et recouvrir la tôle en formant un biofilm qui va attirer d’autres organismes, des algues et des animaux qui vont se fixer et recouvrir l’épave.

Les poissons qui vivent à proximité vont être attirés par cette nouvelle vie ainsi que leurs prédateurs pélagiques. Grâce à l’épave, une nouvelle oasis de vie s’est créée et s’est organisée. La structure en dur a permis aux organismes de se fixer, ce qu’ils ne pouvaient pas faire avant sur le fond sableux ou vaseux.

Que représente une épave ?

C’est d’abord un patrimoine. Son histoire, sa tragédie doivent rester et demeurer dans les mémoires collectives. C’est aussi un royaume pour la faune et la flore qui grâce à elle, vont développer un écosystème et une biodiversité dans un environnement spécifique. C’est enfin une opportunité pour la population locale qui va développer une économie en créant des emplois pour accueillir les plongeurs. Patrimoine, environnement et économie sont les trois aspects indissociables de la vie d’une épave. Sans son histoire, l’épave n’existe pas, sans biodiversité, il n’y a pas d’économie et son patrimoine tombe dans l’oubli. Vous l’aurez compris, si l’une de ces caractéristiques se dégrade, ce sont les trois pans qui vont se dégrader. Alors une épave a besoin de vie et de protection.

Selon les propriétés de sa construction, une épave ne va pas se détériorer de la même manière si elle est en fer ou en bois. De même, si elle gît dans une eau froide, chaude ou tempérée, à l’abri du courant ou pas, à des profondeurs plus ou moins importantes, les matériaux ne se consumeront pas de la même manière et à la même vitesse.

Le temps passant, les tôles des épaves s’amincissent lentement, petit à petit elles se tassent puis un jour les structures cèdent et l’épave s’effondre sur elle-même, tuant la vie qui s’y était installée et libérant le pétrole stagnant dans les cuves. Rappelons-le, si l’un des aspects se détériore, ce sont les trois aspects qui en pâtissent. Alors comment faire pour protéger les épaves et arrêter la corrosion ?

LE PROJET – SENSIBILISER

Les épaves font partie de notre patrimoine culturel, elles sont reconnues et protégées par la convention de l’UNESCO de 2001. Leur caractère patrimonial, économique et environnemental est méconnu du grand public. Les épaves sont des trésors pour la biodiversité alors pour permettre à ces mastodontes de rester vivants le plus longtemps possible en gardant la faune et la flore qui s’y sont installées puis développées, ÉLEAU va réaliser un film de sensibilisation à la protection des épaves.

Pour sensibiliser le plus grand nombre, l’intérêt de l’information doit s’accompagner d’une histoire, d’une intrigue dans laquelle le spectateur s’identifie émotionnellement et même peut-être physiquement. Mettre en scène et raconter est donc tout à fait primordial pour le succès du film.  

Ce film sera diffusé et mis à disposition sur tous les supports, dans les festivals, dans les associations, dans les écoles, sur les médias traditionnels ou numériques… afin qu’un grand nombre de personnes puissent être sensibilisées.

Pitch du film

Le film suivra la quête d’un apnéiste pour sauver l’épave auprès de laquelle il a vécu de son enfance à l’âge adulte et qui se dégrade. Il ira à la rencontre d’un scientifique Laurent et voyagera vers d’autres mers et d’autres épaves. En le suivant, nous découvrirons des épaves très différentes selon qu’elles soient dans des mers froides ou chaudes. De ses voyages, il ramènera des échantillons pour son ami Laurent afin qu’il les étudie.
Le spectateur sera tout à la fois plongé dans la froideur de la vie marine du cercle polaire et dans la tiédeur et la chaleur de la mer Méditerranée et de l’océan Pacifique. Entre la luxuriance d’une mer tropicale et l’austérité d’une mer polaire, les épaves sont toujours une oasis et un refuge pour la vie marine.

Photo de l'épave du sous-marin Le Rubis en panoramique
Épave sous-marin Le Rubis

Sauver les épaves en arrêtant la corrosion

C’est tout l’enjeu d’une équipe de chercheurs qui se sont réunis afin de travailler ensemble sur le projet SOS (Save Our Shipwreck, “Sauvons nos épaves”). Cette étude a pour objectif de comprendre la corrosion qui est une des causes majeures de la dégradation des épaves métalliques. Quelle soit physico-chimique ou influencée par des microorganismes colonisant l’épave, elle ronge les structures. Pour comprendre le mécanisme et tenter de définir des protocoles de lutte contre cette corrosion, il est nécessaire de connaître le processus. Pour cela, une analyse d’échantillons de tôle permet non seulement de caractériser l’état de corrosion, mais aussi les populations d’organismes capables de jouer un rôle dans la dégradation des épaves.

La possibilité de travailler sur des échantillons provenant d’épaves diverses ayant une histoire commune, mais situées dans des contextes environnementaux différents permet d’approcher la question de la variation de paramètres cruciaux dans le processus de dégradation.
En effet, la localisation géographique, la température de l’eau ou encore la salinité sont des paramètres influençant la vitesse de corrosion.
Pour mettre au point des solutions de protection des épaves métalliques, il est nécessaire de savoir comment la corrosion varie selon ces paramètres et donc comment les prendre en compte. Par ailleurs, aucune étude n’est disponible quant à l’action de la biodiversité sur la corrosion des épaves métalliques à travers le monde.
Selon l’endroit où se trouvent les épaves, les questions restent ouvertes : la biodiversité est-elle très différente ou non  ?
Peut-on définir son rôle de bio-détérioration  ? Y a-t-il des constantes ?  Ce sont quelques unes des questions auxquelles les scientifiques répondront grâce à ces analyses. Pour cette étude, deux épaves ont été choisies en France dans deux mers différentes, la première en Manche et la deuxième en Méditerranée.

Le précurseur de ce projet, Laurent URIOS, docteur en biologie, ingénieur de recherche à l’université de Pau et des Pays de l’Adour, président de l’association pour la sauvegarde du patrimoine des épaves des Pyrénées-Orientales (ASPEPO), nous explique que l’équipe veut étudier la possibilité d’installer sur les deux épaves une protection qui arrêterait la corrosion. Il y a deux possibilités techniques que les chercheurs doivent étudier avant de décider laquelle appliquer. La première est la pose d’anodes sacrificielles comme sur un bateau et la deuxième est l’installation d’un courant très basse tension que l’on nomme courant imposé.
Le projet SOS est une première en Europe d’où son importance. Si l’équipe atteint ses objectifs, le protocole que les chercheurs auront mis en place pourra s’étendre aux autres épaves dans le monde entier.

Cette étude rassemble trois partenaires scientifiques et un partenaire privé. Les chercheurs du Laboratoire Archéomatériaux et Prévision de l’Altération du CEA (Commissariat à l’Énergie Atomique) vont faire une description des couches de corrosion présentes sur l’épave pour ensuite les étudier et comprendre comment le phénomène se produit. La DRASSM (Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines) s’occupe des questions archéologiques et patrimoniales. L’Institut des Sciences Analytiques et Physico-Chimie pour l’Environnement et les Matériaux de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour réalisera les études concernant les interactions entre la biodiversité et les matériaux ainsi que les questions de relargage de composés dans l’environnement. Enfin, la société A-CORROS est spécialisée dans le diagnostic d’objets et d’ouvrages métalliques ainsi que dans la mise en place de procédés de protection contre la corrosion. Le projet SOS est financé par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR).

Nous avons les moyens techniques et scientifiques de protéger les épaves et de les faire durer bien plus longtemps et préserver ainsi leur environnement, leur patrimoine et l’économie locale qui en découle. Alors faisons-le !

Épave Le Grec

Organisation du projet

L’histoire de ce film qui mêle fiction et documentaire nous emmènera dans la mer tempérée de la Méditerranée puis dans les fjords de la mer polaire norvégienne et enfin dans la mer chaude du Pacifique. Des témoignages d’acteurs économiques et politiques tel que des responsables de la Région PACA apporteront leur éclairage à ce film que ce soit sur l’importance de la conservation des épaves et ce que peut leur apporter le projet scientifique de la recherche.
L’équipe commencera le tournage en France en mai 2021 par les épaves coulées en 1945 du Grec et du Donator à Hyères (Var).
Elle partira ensuite en Norvège à Narvik en juin 2021 ou gisent de nombreux bateaux de guerre coulés à la même époque.
Malte sera la troisième destination en septembre 2021 où des épaves de guerre servent de récifs artificiels. L’équipe se rendra juste après sur l’une des épaves que Laurent URIOS étudie avec son équipe en Méditerranée à Marseille.

Le tournage se finira au premier trimestre 2022 en Micronésie dans le lagon de Chuuk qui renferme une cinquantaine d’épaves de la marine japonaise coulées par les Américains en 1944. Cet épisode est essentiel par ce qu’il apporte au film, tant par la quantité des épaves coulées le même jour que la magnificence des images de la luxuriante vie marine qui prospère sur ces épaves. Il faut également prévoir deux mois et demi de montage et post-production.

A quoi servira l’argent collecté

Nous avons un devoir de transparence, la collecte servira dans son intégralité à la réalisation du film. Comme vous pouvez le voir sur le camembert ci-dessous, ce film ne pourrait se faire sans l’engagement et la participation bénévole et exceptionnelle de l’équipe d’ÉLEAU ainsi que la mise à disposition gratuite de son matériel personnel. Ces postes et ces prêts représentent 50% du budget qui doit donc être mis au crédit. Les 50% restant se partagent entre les voyages (transports, plongées, logistique), les assurances et la promotion du projet. Enfin, il reste une partie du matériel à financer pour ce tournage exceptionnel.

Vous le comprendrez bien, l’association ne peut donc pas vous proposer de contreparties sans amputer son budget. Malgré tout, pour tous nos donateurs, car vous êtes tous importants, nous proposons de mettre votre nom au générique du film, nous vous tiendrons également informé du déroulement des tournages avec des photos et des réactions à chaud. Vous serez également les premiers à visionner ce film en avant première par l’intermédiaire d’un lien sécurisé. Ce financement participatif représente un peu moins de 10% du budget. Le complément est demandé auprès de financeurs institutionnels, comme les fondations.

Quelques chiffres :

  • À 30.000 € nous tournons la partie du film à Narvik
  • À 40.000 € nous ajoutons Malte
  • À 78.513 € nous faisons tout le film
  • Et à 100.000 € nous faisons le film mais on respire un peu plus d’oxygène. 👌😀
Photo du camenbert de la répartition des dépenses pour le projet SOS épaves en danger

Nous vous remercions pour votre soutien, sans vous, rien n’est possible.

Origine du projet

À l’origine de ce projet, 3 passionnés et dingues des épaves. Patricia, Patrick et Philippe aiment « la tôle » comme on dit dans le jargon. Ils les visitent, entrent dedans quand c’est possible et les filment car Philippe est cinéaste et Patricia est opératrice caméra et spécialisée dans le film sous-marin, Patrick assure toute la sécurité. L’idée a mûri après la rencontre avec Laurent URIOS, un chercheur lui aussi passionné des épaves. Nous avons discuté avec Laurent de nombreuses heures, il a pris le temps de nous expliquer en détail le fonctionnement d’un récif artificiel telle qu’une épave et il est parti de l’origine lorsque l’épave se fracasse sur le sable ; que se passe t-il ensuite ? Il nous a expliqué le problème de la corrosion et les solutions qu’il y avait pour l’arrêter. Et aussi incroyable que ce soit, nous avons les connaissance et les techniques pour éviter que les épaves ne s’effondrent et sombrent dans l’oubli. Il nous a aussi parlé de son projet SOS (Save Our Wrecks) pour sauver les épaves. Alors nous avons eu l’envie nous aussi de relayer toutes ces informations et de travailler avec lui dans notre spécialité pour la protection des épaves, en réalisant ce film qui nous tient à cœur car il est indispensable à la connaissance de chacun pour agir.

Présentation de l’équipe

Le Président  Philippe Grau est cinéaste diplômé d’une des plus grandes écoles de cinéma L’INSAS (Bruxelles), ses compétences et son talent en long métrage, en téléfilm et en télévision ne sont plus à démontrer.

La trésorière Patricia Ettouati, qui est également opératrice caméra, est spécialisée en film sous-marin, auteur de plusieurs films sur les épaves et rédactrice de l’association.

Le secrétaire de l’association Patrick Bernard est un plongeur professionnel avec un brevet d’état, il assurera toute la sécurité en plongée. Tous les trois sont des professionnels de la mer et scaphandriers.

L’apnéiste professionnel Michel Nox, ancien sportif de haut niveau, moniteur apnéiste est amoureux des épaves et de la vie marine, il mobilise des plongeurs pour débarrasser les épaves des filets de pêche. Connu et reconnu, il est suivi sur les réseaux sociaux par 450000 personnes.

Michel est notre fil rouge, notre héros qui part à la découverte des épaves.

Photo de l'équipe de directeur de l'association ÉLEAU
L’équipe dirigeante

Pour les plongées, l’équipe utilise des recycleurs (CCR), des appareils qui ne font pas de bulles sous l’eau et qui permettent de rester immergé plusieurs heures. Ces machines offrent donc une économie non négligeable en fatigue et en récupération des plongeurs, mais également en coût financier car moins de plongées sont nécessaires. Ajoutons que cette technique de plongée silencieuse permet de se confondre avec la faune.

NOUS COMPTONS SUR VOUS POUR NOUS AIDER À PROTÉGER LES ÉPAVES

UN GRAND MERCI.

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