Les Nudibranches

Photo d'un nudibranche Dalmasienne
Nudibranche doris Dalmatienne

Les nudibranches sont des animaux invertébrés, des mollusques gastéropodes que l’on nomme également limaces de mer car ils n’ont pas de coquilles. On retrouve ces animaux en mer Méditerranée, en Atlantiques et en Manche. 110 espèces sont recensées en Méditerranée sur les plus de cinq mille existantes. On les trouvent en général dans les vingt premiers mètres en dessous de la surface. Elles vivent toutes dans les algues côtières, dans les posidonies ou dans les spongiaires pour les Doridiens (groupe particulier de nudibranches). La tête bien distincte est pourvue, chez un grand nombre d’espèces, d’antennes appelées rhinophores et sur l’avant, d’appendices tactiles. Les nudibranches on des yeux minuscules et rudimentaires qui se trouvent à la base des rhinophores, des organes sensoriels situés à l’avant de la tête. Ils détectent les particules chimiques présentes dans l’eau, la nourriture, un éventuel partenaire sexuel ou une menace. Les rhinophores sont fragiles et vitaux, ils sont rétractables pour la majorité des nudibranches. Sensibles au courant, ils sont également un organe de l’équilibre et de l’orientation. Certains produisent une toxine caustique, de ce fait, ses prédateurs ne sont pas connus, alors que d’autres fuiront le danger en nageant par ondulation.

Les tentacules buccaux sont des appendices situés à l’extrémité et en avant de la tête. Véritables organes tactiles, ils permettent d’appréhender la nature du terrain et celle des proies. Le système digestif débute par la bouche qui s’ouvre dans le bulbe buccal lequel contient les mâchoires, la radula et les glandes salivaires. Certains encore, sont capables d’autotomie, c’est à dire qu’ils peuvent se séparer d’une partie de leur corps volontairement pour échapper à leur prédateur car ils ont la faculté de se régénérer. Les nudibranches sont d’une grande diversité, nous avons choisi de décrire deux catégories.

Chromodoris quadricolor

Cette espèce mesure entre 40 et 50 mm. Son corps est de forme allongée, l’aspect est lisse et aplati. Comme son nom l’indique, cette espèce a quatre couleurs sur le manteau, trois lignes longitudinales de couleur noire avec à l’intérieur deux bandes bleutées. Une bande blanche habille le contour du manteau avec une bande jaune. Le pied se termine en une queue effilée qui est largement recouvert par le manteau et coloré de la même couleur. Les deux rhinophores lamellés sur leur partie supérieure à l’avant et le panache branchial à l’arrière sont de couleur orange.

Photo d'un Nudibranche-quadricolor
Nudibranche quadricolor

Ce nudibranche est observé en mer Rouge, sur les récifs coralliens mais il est encore peu présent en Méditerranée, on peut aussi l’observer en Atlantique sur les côtes occidentales africaines ou en océan Indien. Ce mollusque vit sur les récifs peu profonds, il se nourrit d’éponges dont il stocke les substances chimiques toxiques dans son manteau. c’est une espèce lesseptienne c’est à dire un animal originaire de mer Rouge qui est arrivé en Méditerranée par le canal de Suez dont l’ingénieur se nomme Ferdinand de Lesseps. C’est peut-être un signe de réchauffement climatique ?

Sa reproduction

Chromodoris se reproduit par voie sexuée, il est hermaphrodite (organe reproducteur mâle et femelle) et ovipare (il pond des œufs). Son orifice génital est situé à l’avant droit sur le côté. Pour l’accouplement, les individus se mettent tête bêche, les gamètes mâles sont échangés par un canal et la fécondation est interne. La ponte des œufs forme un ruban gélatineux en forme de spirale qui est déposé sur une paroi horizontale ou verticale.

Photo de Ponte de nudibranche
Ponte de nudibranche

Chromodoris luteorosa ou doris tacheté

Cette espèce de doris à tache d’or mesure de 20 à 30 mm et peut atteindre 55 mm. Son corps est de forme ovale, allongée et de consistance molle. Son pied est étroit et plus long que le corps. Son manteau est de couleur pourpre ou violacé, sa périphérie est bordé d’une large bande jaune vif et de deux liseré blanc. Le dos est parsemé de taches rondes ou ovales jaune d’or, cerclées de blanc. les rhinophores sont lamellés sur les deux tiers supérieurs et son panache branchial à l’arrière se compose de 6 à 9 branchies qui se termine par une zone blanche sur le haut.

Photo d'un Nudibranche-Luterorosa
Nudibranche luteorosa

Son mode de vie

Ce nudibranche vit dans le coralligène jusqu’à des profondeurs pouvant aller jusqu’à 50 mètres et plus. C’est une espèce endémique que l’on peut voir en Méditerranée, en France dans les Pyrénées orientales, sur les côtes est-atlantiques, en mer Rouge ainsi que dans le golf de Biscaye jusqu’au Ghana. Comme tous les nudibranches, ce doris est hermaphrodite et ovipare, il se nourrit principalement de l’éponge Aplysilla Rosea et Spongionella spp. Il y dépose même ses œufs sous la forme d’un ruban spiralé de mucus transparent contenant des milliers d’œufs roses orangés. Précisons que la couleur vive de ce nudibranche indique sa toxicité. En effet, il possède des glandes défensives réparties le long du manteau.

Quelques conseils d’observation

Comme tout petit animal, les conditions d’observation des nudibranches ne sont pas forcément chose aisée. Il faut d’abord bien maitriser sa flottabilité, prendre son temps et bien regarder les endroits ou pourraient se trouver ces espèces. Si vous en trouvez un, attiré par ses couleurs chatoyantes, attention de ne pas le toucher, il est très fragile et peut-être toxique. Approchez-vous le plus près possible pour observer ses détails et si vous avez un appareil photo pour partager ce moment, mettez votre appareil en position macro avec un flash, car seul le flash fera ressortir les couleurs magnifique de ce petit être délicat.

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