Le Mérou Brun

Le mérou brun (Epinephelus marginatus) est bien connu de tous les plongeurs en Méditerranée. Il est présent sur nos côtes du sud mais aussi en Atlantiques de la Bretagne jusqu’à l’Afrique du Sud. Il fait partie des huit espèces de mérous recensées en Méditerranée de la famille des Serranidae.

Description

Ce poisson est très imposant avec son corps ovale massif et robuste, sa tête épaisse porte des yeux proéminents entourés de tâches claires, son ouverture buccale est très large et impressionnante. Sa nageoire dorsale unique se caractérise avec 11 épines bien visibles et sa nageoire anales possède 3 épines bien distinctes. Sa nageoire caudale (la queue) est large et arrondie, une bande blanche esthétique finit son contour plus foncé que les autres nageoires et que son corps. Ces nageoires pectorales arrondies sont de belles tailles. La couleur de ce poisson est brunâtre, parfois gris foncé ou gris clair avec des tâches claires. Les vieux mâles sont brun uniforme. Cet espèces peut atteindre pour les plus gros 1m50 et peser 100kg.

Photo d'un mérou brun de face
Mérou brun

Lieu de vie et alimentation

Le mérou brun vit dans des fonds rocheux à cavités ou des grottes pour s’abriter. On le trouve également sur des fonds sableux et autour de la posidonie et des zostères (plantes à fleurs aquatiques). Il est généralement sédentaire durant la saison estivale, on peut le trouver dans les cinq premiers mètres dans les zones protégées jusqu’à une profondeur de 100 mètres. Les juvéniles fréquentes plutôt les éboulis où ils se cachent sans dépasser les 15 m de profondeur, il est donc plus difficile de les observer.

Cet espèce se nourrit principalement de céphalopodes (seiches, calmars, poulpes), de crustacés et de poissons. Pour chasser, il attend sans bouger qu’une proie passe devant lui, il est très rapide. Les petits mérous se nourrissent d’abord de petits crustacés et de crabes. En grandissant, ils ajoutent à leur menu des poissons et des mollusques pour les individus les plus grands.

Reproduction

Ce poisson a la particularité de changer de sexe durant sa vie grâce à sa glande hermaphrodite qui produit des gamètes femelles puis mâles. Il n’a pas de sexe déterminé avant l’âge de 4 ans. Il est d’abord femelle et se reproduit vers l’âge de 4 où 5 ans, il mesure alors 40 à 50 centimètres puis quand il grandi vers l’âge de 10 à 14 ans il devient mâle et mesure alors 50 à 70 centimètres. Cet espèce se reproduit de juillet jusqu’en septembre à la période de frai. Les mérous mature sexuellement se regroupent dans les zones rocheuses entre 15 et 30 mètres de profondeur. Les parades nuptiales se déroulent à la tombée de nuit et c’est le mâle qui approche la femelle incliné sur le côté. Une danse aquatique en spirale commence avec une lente remontée puis une longue descente puis enfin une remontée finale sur quelques mètres en accélération afin de libérer les gamètes mâles et femelles. La fécondation se fait en plein eau et l’éclosion a lieu une quarantaine d’heures après. Les larves peuvent se nourrir dès le troisième jours.

Après avoir vécu un mois près de la surface, la larve va descendre au fond, se colorer et devenir un minuscule mérou et va vivre dans un fond rocheux à petite cavité près de la surface. Après un an d’existence, il mesure déjà 13 centimètres.

Photo du logo uicn

Le mérou est peu farouche ce qui lui a valu une pêche intensive, il a bien failli disparaître de la Méditerranée. Il est aujourd’hui classé par l’UICN espèce « En Danger ». Il est protégé sur nos côtes française mais la capture est autorisée en Espagne et dans les pays du Maghreb.


À noter

Le mérou brun est inscrit à l’Annexe II de la Convention de Barcelone (Protocole relatif aux aires spécialement protégées et à la diversité biologique en Méditerranée). Il est aussi inscrit dans l’Annexe II de la Convention de Berne (Convention relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l’Europe).
Sur les côtes françaises, des moratoires reconductibles tous les 5 ans lui ont été salutaires. La première décision le protégeant contre la chasse sous-marine sur le littoral Corse date de 1980 et a été reconduite ensuite. Sur le continent l’interdiction de la chasse sous-marine du mérou date du le 2 avril 1993 (arrêté du Préfet de la Région), elle a été reconduite à plusieurs reprises.
Les arrêtés les plus récents mettant en place les nouveaux régimes de préservation des mérous et du corb ont été signés le 24 décembre 2013 par le DIRM Méditerranée, par délégation du préfet de Corse et du préfet de la région PACA prolongeant le moratoire de 10 ans pour le mérou.

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